COMMUNICATION POUR LE CHANGEMENT SOCIAL ET COMPORTEMENT (CCSC) : UN LEVIER STRATEGIQUE POUR LE PROJET MERANKABANDI II.

Le Consortium COPED-ODAG-CARITAS GITEGA a organisé un atelier de formation des formateurs sur la Communication pour le Changement Social et Comportemental (CCSC) du 05 au 07 Novembre 2025 dans la province de Gitega. Cette session cruciale a rassemblé le personnel clé des ex-provinces de Bujumbura Rural, Bubanza, Muramvya, Kayanza et Ngozi du projet MERANKABANDI II (dont le Chef de Mission, l’Expert en Communication, l’Expert en Suivi-Évaluation, les Animateurs Communaux et les Comptables), ainsi que le personnel de l’Unité de Gestion (les Opérateurs de Terrain et les Responsables Provinciaux). L’objectif était de doter ces acteurs des outils et techniques indispensables pour faciliter des changements d’attitudes et de pratiques durables au sein des communautés bénéficiaires, allant au-delà de la seule assistance financière.

La formation a été officiellement inaugurée par Monsieur Christophe NEMEYIMANA, Représentant du Gouverneur de la Province de Gitega, en présence de l’Abbé Célestin NSABINDAVYI, Secrétaire Exécutif Adjoint de l’ODAG. Le Représentant du Gouverneur a rappelé la vision Globale du projet Merankabandi, initié par le Gouvernement du Burundi et la Banque Mondiale, qui intègre des Mesures d’Accompagnement pour le développement du Capital Humain (santé, nutrition, hygiène, assainissement, et CCSC). La finalité est de fournir aux bénéficiaires les compétences et les connaissances nécessaires pour une gestion efficace des ressources et une amélioration autonome et durable de leurs conditions de vie.

Durant les trois jours, les participants ont fait preuve d’un haut niveau d’engagement et d’une participation très active pour explorer les concepts et techniques de la CCSC.

L’apprentissage a débuté par l’étude des Fondamentaux de la Communication, définissant le processus d’échange (émetteur-message-canal-feedback) et distinguant clairement la Communication Verbale (CV) et la Communication Non Verbale (CNV). Les formateurs ont insisté sur le fait que la CNV (55% du message) et le ton de la voix (38%) priment sur le contenu verbal, soulignant l’importance de l’alignement entre les paroles et les attitudes. La notion d’Écoute Active a été mise en lumière comme une technique cruciale, nécessitant respect, authenticité et compréhension sans jugement. Un travail de réflexion a également permis d’identifier et de commenter les proverbes Kirundi qui rabaissent la dignité de la femme, soulignant la nécessité de déconstruire ces stéréotypes sociaux à travers la communication.

La session s’est ensuite concentrée sur le rôle du Plaidoyer dans le changement social, le distinguant de la simple sensibilisation. Le plaidoyer est l’action de convaincre les leaders et les décideurs, et il doit s’appuyer sur des preuves solides, des données de terrain et des témoignages de bénéficiaires. Des travaux pratiques sous forme de sketchs ont permis de simuler des sessions de plaidoyer sur des thèmes clés comme le lavage des mains et la gestion rationnelle des biens familiaux par la pratique de l’épargne et crédit, en gérant les cas de résistance au changement.

Enfin, les participants ont abordé les Obstacles à la Communication (mots, émotions, ton) et les stratégies pour y faire face (gestion des émotions, posture assertive). Ils ont également analysé les différents Supports de Communication (audio-visuels, imprimés, promotionnels), concluant que les outils les plus efficaces sont souvent les moins coûteux et les plus adaptés au contexte local, tels que les contes et jeux de rôles. La formation s’est conclue par l’étude des Déterminants et des Étapes du Changement de Comportement, fournissant un cadre pour guider efficacement les bénéficiaires vers l’adoption de nouvelles pratiques saines et autonomisantes.

L’atelier a été un franc succès, avec un haut niveau de satisfaction (la méthodologie des formateurs a été notée à plus de 90% “Très Bon”). Les participants, désormais formés pour être des formateurs, sont prêts à diffuser ces compétences essentielles dans leurs zones d’intervention. L’engagement renouvelé du Consortium COPED-ODAG-CARITAS GITEGA confirme que le projet Merankabandi mise sur la CCSC pour aller au-delà de l’aide financière, assurant une amélioration significative et durable du capital humain des ménages vulnérables. Les Opérateurs de Terrain et les Responsables Provinciaux sont désormais positionnés comme les pionniers du changement social et comportemental, essentiels à la réussite pérenne du projet MERANKABANDI II.

Article rédigé par Gervais Sindatuma

Expert en CCSC

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