Une redevabilité administrative renforcée, pilier du développement durable

Dans le but de renforcer la redevabilité administrative envers les administrés, le COPED a organisé, à travers le projet BIRATURABATWESE, une formation de certains responsables administratifs sur la digitalisation des feedbacks. Il s’agit d’une plate forme de gestion des feedbacks ou des plaintes venant de la communauté. Ceci permettra de conserver numériquement le fil des échanges en vue de les exploiter utilement pour le développement de la commune et des populations. Cette formation a été couplée de réunion des administratifs et des représentants des différentes catégories de la population.

Le but de ces réunions est, en effet, de contribuer au renforcement de la redevabilité administrative et technique à travers la création d’un espace d’échanges sur des besoins des communautés vulnérables entre les décideurs et les titulaires de droits, où les influenceurs accèdent à l’espace de parole et font connaitre les doléances et préoccupations de leurs communautés; les décideurs collectent ces préoccupations et y répondent (quand c’est possible) et/ ou proposent de déférer aux échelons appropriés et; les décideurs formulent des engagements rassurants les communautés vulnérables et conviennent sur un échéancier de mise en œuvre. Cette redevabilité renforcée chez les administratifs conduit sans doute au développement durable.

Les administratifs se disent très satisfaits de la diminution des questions dans la population grâce aux ateliers d’échange organisés et facilités par le COPED au sein du projet BIRATURABA TWESE. En effet, toutes les catégories de la population, les chefs et administratifs se rencontrent régulièrement, chaque trimestre où chaque représentant d’une catégorie présente les questions dont font fasse ses membres, et les administratifs et services concernés y apportent solutions. Au cours de ces réunions, c’est aussi une occasion de faire le suivi de mise en œuvre des questions restées en suspens lors des réunions précédentes.

Des questions ont été récurrentes dans presque toutes les communes (Rumonge, Nyanza et Makamba), il est bon de mentionner la question d’accessibilité des personnes vivant avec handicap dans des lieux publics, demandant que la mise en place des infrastructures publiques inclusives soit une réalité; l’accessibilité aux services et la lutte contre la discrimination et l’accès facile aux prothèses et béquilles; la question des veuves qui sont malmenées par les belles-familles, allant vers l’expulsion de leurs terres; les femmes célibataires qui éprouvent des difficultés à trouver les documents administratifs de leurs enfants du fait que ces derniers n’ont pas de père reconnus; les sans emploi qui demandent d’être soutenu pour promouvoir leurs petits emplois. Une autre question qui a été récurrente est celle des travaux communautaires devenus exigeants ; il en est de même des rapatriés qui peinent à regagner leurs provinces d’origine et qui causent souvent problèmes dans la communauté hôte.

Rappelons que le programme BIRATURABA TWESE II est mis en œuvre par le Consortium CHRISTIAN AID-COPED et SADC dans la province actuelle de Burunga est bâti sur le principe de la bonne gouvernance. Il se focalise sur l’accès aux services améliorés de la SSR, de lutte contre les VSBG et prône le développement dans une paix durable. Le programme est financé par la coopération Irlandaise à travers IRICH AID.

Le grand résultat attendu par COPED est que les femmes, les filles, les hommes et les garçons des communautés ciblées (groupes marginalisés par différents facteurs de genre et de sexe) soient conscients de leurs droits et demandent des services améliorés, les prestataires de services étant de plus en plus responsables devant les voix de la communauté.

Pour y parvenir, quelques stratégies ont été entreprises dont entre autres l’identification et la validation des représentants communaux de ces groupes marginalisés (batwa, rapatriés, mères célibataires, veuves/Veufs, les Déscolarisés, les albinos,) à raison de 14 représentants communaux. Ces derniers sont encadrés par les membres des plates-formes de paix et leurs capacités à formuler un plaidoyer et à le présenter aux décideurs ont été renforcées.

Diomède Mujojoma

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